Musée Bourdelle

Tarif unique
30,00 €
Légendes et crédits photos :
Musée Bourdelle
« Il devenait clair pour moi que je pouvais construire une réalité tridimensionnelle : douce, pleine de secrets, me protégeant, étant un bouclier, et en même temps […] partie intégrante de moi-même. »
Magdalena Abakanowicz, Art et destinée. Monologue (2008)
La rétrospective consacrée à l’artiste polonaise Maria Abakanowicz (1930-2017) au Musée Bourdelle est une expérience sensorielle intense, qui s’annonce à la fois douce et violente. Ses œuvres textiles évoluent de manière fascinante entre l’art du tissage et la sculpture. Les Abakans s’arrêtent volontairement à mi-chemin : ce sont des sculptures souples, organiques, qui investissent l’espace. Leur odeur est agréable — on y reconnaît celle de la laine et du sisal d’agave— et elles dégagent une présence protectrice et enveloppante, comme si l’on pouvait y pénétrer, s’y cacher et s’y sentir en sécurité.
Pour Abakanowicz la trame de la vie, c’est la fibre. L’être humain lui-même apparaît comme un être fibreux, vulnérable, à la fois fragile et résistant.
Aux côtés des célèbres Abakans, l’exposition présente également des ensembles plus tardifs, réalisés principalement à partir de matériaux durs, tout en intégrant encore des fibres, des cordes ou des textiles. Ces œuvres se caractérisent par des groupes de figures souvent sans tête, évoquant des corps humains, des animaux ou des arbres. Malgré leur apparente répétition formelle, chaque figure conserve sa singularité propre.
L’exposition constitue une méditation profonde sur la vie terrestre, sur sa douceur et sa dureté — deux dimensions pour s’émerveiller.