Comment une petite ville de la province russe est-elle devenue un lieu majeur de la création artistique au début du XXème siècle ? L’exposition Chagall, Lissitzky, Malévitch au centre Pompidou jusqu’au 16 juillet 2018 revient sur les œuvres majeures de l’école de Vitebsk

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1918 : dans l’euphorie de la révolution russe, qui souhaite porter au pouvoir des idéaux de liberté et d’égalité, Chagall crée l’école de Vitebsk, en actuelle Biélorussie. Cette école à l’enseignement éclectique a pour but d’éduquer à l’art les populations pauvres de la région. Fervent défenseur de la révolution communiste, à laquelle il apportera tout son soutien dans les premières années, Chagall entend alors réunir les grands artistes russes de son temps, des avant-gardes aux réalistes, tous représentés dans l’exposition.


Elèves comme professeurs de l’école de Vitebsk se lient fortement au régime communiste : ils fournissent ainsi jusqu’en 1923 les images et symboles de la révolution, des affiches aux drapeaux dressés lors des manifestations et fêtes nationales jusqu’aux tribunes oratoires. La révolution communiste, qui finance et approvisionne l'école, semble alors ouvrir la voie à une révolution artistique, objectif premier des avant-gardes. Ce soutien se développe même au-delà de l’école de Vitebsk, et donne naissance au réalisme russe.


L’école de Vitebsk connaît un franc succès, et devient le théâtre d’une lutte artistique. A l’influence presque romantique de l’œuvre de Chagall, marquée par la présence de l’artiste et une forte expression de la sensibilité s’oppose ainsi le suprématisme de Malévitch, en pleine expansion. Figuration et abstraction, couleurs brutes et lumineuses s’affrontent, jusqu’au départ de Chagall de l’école en 1920, date à laquelle se développe le mouvement de Malévitch, UNOVIS. Les œuvres suprématistes sont ainsi mises à l’honneur, et marquent le passage à un art russe plus indépendant des influences cubistes d’Europe de l’Ouest.


Si Chagall et Malévitch cultivent leurs différences artistiques, il n’en reste pas moins qu’ils accordent tous deux une même importance à la spiritualité. Héritiers d’une tradition russe sensible au mystique, les deux artistes apportent une grande profondeur à leurs œuvres, qu’il s’agisse du Carré noir sur fond blanc ou de l’utilisation du rouge chez Chagall. Communisme et recherche de spiritualité s’allient alors, procurant au politique une nouvelle dimension, jusqu’à le supplanter. Une révolution artistique trop poussée aux yeux des communistes qui cessent de soutenir l’école entraînant sa fermeture.


Pour profiter de cette exposition dense et comprendre la richesse de l’école de Vitebsk, c’est par ici. 

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