Alors que la nouvelle saison culturelle commence, focus sur l’une des seules expositions mettant les femmes à l'honneur : la collection d’Alicia Koplowitz dans l'ancien hôtel particulier de Nélie Jacquemart ! Petite brève biographique de ces deux collectionneuses visionnaires.

Teaser 10 modigliani.png

Quand Nélie Jacquemart…

On oublie souvent que derrière le musée « Jacquemart-André » du 158 boulevard Haussmann se cache 1) deux personnes 2) un homme : Édouard André et une femme : Nélie Jacquemart. Rien ne prédestinait pourtant cette dernière, née Cornélie Jacquemart, à avoir un musée à son nom. Fille de modiste, elle vient d’un milieu modeste mais peut suivre des cours de peinture grâce au soutien de sa bienfaitrice Madame de Vatry, riche héritière et femme de lettres.
Elle devient alors l’élève de l’« atelier des femmes » du peintre Léon Cogniet où il était alors possible pour des femmes d’avoir une formation aux beaux-arts et de peindre des nus d’après modèles vivants. En 1863, Nélie Jacquemart a 22 ans et ses deux toiles sont acceptées au Salon Officiel : c’est le début de sa carrière d’artiste.
En 1870, elle peut pleinement vivre de son art. Elle enseigne notamment le dessin dans une école de Paris et est reconnue pour ses portraits.
C’est justement par ce biais qu’elle rencontre Édouard André, dont elle peint le portrait. Elle l’épouse 9 ans plus tard, en 1881. Ensemble, ils parcourent l’Europe et plus particulièrement l’Italie où Nélie peut acquérir des œuvres de primitifs italiens. Petit à petit les collections des deux époux fusionnent pour n'en former plus qu'une. C'est à ce moment là, en 1894, que Nélie Jacquemart adopte le nom de Jacquemart-André. À la mort de son époux elle continue ses voyages et découvre tour à tour la Turquie, l’Égypte et l’Inde. En 1913, soit un an après sa mort, ouvrent simultanément le musée de Chaalis qu’elle avait acquis pour exposer sa collection et le musée Jacquemart-André, ancien hôtel particulier des deux époux.


… rencontre Alicia Koplowitz.

C’est donc dans l’ancienne demeure d’une collectionneuse que viendra s’exposer la collection d’Alicia Koplowitz. Cette femme d’affaires espagnole, présidente du Grupo Omega Capital - société d’investissement qu’elle a créée en 1998 est surtout connue en Europe pour sa collection d’oeuvres d’art. Pour cette exposition, 52 oeuvres seront présentées parmi lesquelles les peintures et les dessins de Toulouse-Lautrec, Gauguin, Van Gogh, Picasso, ou Lucian Freud. Ce que ces oeuvres ont en commun ? La femme puisqu'elles représentent pour la grande majorité des femmes, qu’elles soient muses ou artistes, peintes ou sculptées. C’est cet éclectisme que veut souligner le titre de l’exposition, qu’il convient peut-être d’expliciter. Zurbarán est effectivement un peintre espagnol du XVIè siècle. Contemporain de Vélazquez, il est surtout connu pour ses peintures religieuses. De l’autre côté du spectre artistique, Rothko, peintre américain du XXè siècle, célèbre pour ses aplats de couleur vive.
On a donc hâte de voir dialoguer tant de chefs d’oeuvre entre eux, qui plus est dans un espace hors du commun