Veste, lunettes rondes et casque de musique autour du cou … Aujourd’hui on rencontre Nicolas, guide-conférencier chez Des Mots et Des Arts depuis quatre ans (ça ne nous rajeunit pas).

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  • Si tu devais te présenter en 3 mots ? 
    Trois mots ? Curieux … insomniaque … blagueur.
  • Présentes-nous un peu ton parcours :
    Né un jour de neige le 7 décembre 1984 à Ploërmel dans le Morbihan. J’ai fait mes études à Dijon et de l’histoire de l’art un peu par hasard … Je n’aimais pas l’art contemporain au début mais après un cours sur Mondrian je me suis dit qu’en fait c’était le seul truc intéressant. 
  • D’autres passions ? Le karaté (qu’il pratique depuis 7 ans, ndlr). La culture au sens large (les concerts des musiques mortes ou pas mortes, les séries, la littérature, les jeux vidéo). Le dessin aussi. 
  • Depuis quand travailles-tu pour Des Mots et Des Arts ? Depuis septembre 2013, je suis un des plus anciens.  
  • Ta spécialité ? Le XX ème et XXI ème siècle. L’art abstrait. L’utilisation de l’objet. La notion du réel. Mondrian. Murakami. Bertrand Lavier (sur qui j’ai écrit ma thèse).
  • Ce que tu aimes le plus dans ton job ? Le contact, je dirai même, l’échange. Au fil du temps on apprend le nom de gens. On voit leurs enfants. Un vrai dialogue se crée d’expos en expos. Quand j’ai passé ma thèse pas mal de gens m’ont demandé comment ça c’était passé. On crée du lien. 


  • Ton activité préférée à Des Mots et des Arts ? Entre le cours d’art contemporain du Carreau du Temple et l’apéro Arty ; car c’est là où il y a le plus d’échange. 
  • Une anecdote à nous raconter ? Un jour je reçois un « Joyeux anniversaire » d’une certaine Valérie. Pour moi, Valérie c’est ma professeure de karaté. Je lui réponds donc qu’elle s’est un peu trompée dans les dates et lui demande si elle a changé de numéro … En fait je me rends compte assez vite qu’il s’agit d’une cliente fidèle qui m’a pris pour un autre Nicolas. N’empêche que la semaine de mon anniversaire, à l’exposition Bernard Buffet, elle est venue avec une boîte de chocolats.
  • Un artiste ou une période qui te laisse indifférent ? Le surréalisme, les gens y sont détestables. Dali par exemple, c’est un fond de commerce pour l’essentiel. 
  • Parce que c’est important pour toi de respecter l’artiste que tu présentes ? C’est intéressant de toujours contextualiser, il n’y a pas d’art sans contexte. On a souvent un résumé des artistes mais on oublie qu’avant ils se sont trompés, il y a eu des échecs, des fausses pistes. Être artiste c’est un travail de tous les jours, pas deux exploits en 30 ans de carrière. 
  • Une oeuvre qui ferait bien dans ton salon ? Saturne dévorant son enfant de Goya. Ça c’est pour que les gens se cassent à la fin d’une soirée (on y voit le roi des titans dévorer un de ses fils, ndlr).
  • Un musée dans lequel passer tes journées ? Le Louvre. Ou le Quai Branly… Pas du tout mes spécialités en fait. 


  • Un lieu culturel ou une exposition que tu nous conseilles d’aller voir ? L’esprit français de la maison Rouge. Parce que la maison rouge va fermer déjà et il n’y a pas plus utile comme exposition dans le contexte actuel. C’est très français de contester la contestation, de dire qu’on ne va pas assez loin...
  • Il y a des artistes que tu aimerais voir plus exposés ? Peut-être qu’on se concentre plus sur les artistes vivants. Et qu’on renouvelle le profil de l’artiste homme de plus de 60 ans, européen, américain ou chinois. C’est ce que fait relativement bien le Palais de Tokyo.


  • À toi de compléter cette phrase « si je n’étais pas guide je serai … » (Rires.) Je suis déjà et guide et commissaire d’exposition et critique et prof… Mais quand j’étais enfant j’avais l’habitude de dire que je serai dessinateur de bande-dessinée. Ou footballeur entre 20 et 30 ans, acteur entre 30 et 40 ans et pâtissier de 40 à 60 ans. Du point de vue de mes espoirs d’enfant j’ai plutôt raté ma vie, mais je suis content quand même (rires).
Propos recueillis par Maud Luca.