Récemment le musée Soulage ouvrait ses portes. Revenons sur le phénomène actuel des nouvelles architectures muséales

Teaser louvre lens

Vous l'avez sans doute remarqué, depuis quelques décennies, les nouvelles architectures de musées ne cessent de faire la une des journaux. Citons quelques exemples: en France tout d'abord, il y a les musées satellites comme le Louvre Lens et le Centre Pompidou Metz, ainsi que les indépendants dont le MUCEM à Marseille, le musée du Quai Branly à Paris ou encore la Fondation Van Gogh à Arles. La France n'est pas un exemple isolé, on observe le même phénomène tout autour du globe: le musée Juif de Berlin, la fondation Bayeler à Riehen, le Maxxi à Rome etc.  
Alors, humble souci de mettre en avant la beauté des collections, ou volonté de profiter de l'impact économique généré par les institutions muséales?

Revenons quelques années en arrière. A la fin des années 1990, le musée Guggenheim de Bilbao lançait la grande mode des musées iconiques, qui ne s'est depuis lors pas démentie. Mais un "musée iconique", qu'est-ce que c'est? Ce concept reprend
l’idée d’ « architecture spectaculaire », de
« signature », ou encore de « starchitecture ». Afin de réussir cette recette magique, quelques ingrédients doivent être réunis: 
      -des architectes renommés: vous l'avez peut être relevé, les architectes qui interviennent sur les grands chantiers internationaux fortement médiatisés sont souvent les mêmes... Citons le français le plus connu dans ce domaine, Jean Nouvel, mais aussi Frank Gehry, Renzo Piano, Zaha Hadid, Rudy Ricciotti etc. 
      -une échelle monumentale
      -un design avant-gardiste: les formes simples ne sont décidément pas à la mode! Les formes ondulantes de Frank Gehry en sont le parfait exemple, tout comme le chapeau pointu du Centre Pompidou Metz.
      -une forme immédiatement identifiables du grand public: cette idée suit celle qui précède, puisque pour marquer les esprit, il faut des formes qui spectaculaires, et qui permettent de construire un discours. 
      -au service
d’une régénération urbaine: celle-ci permet de profiter de l'économie des musées. Les retombées au niveau local sont souvent abondantes, du moins, c'est ce que les dirigeants en place espèrent. Elles permettent de créer une image positive, de créer des l'emploi et de développer les voies de communication.

Quelques soient les motivations, n'oublions pas que les collections et les publics doivent prévaloir sur les espoirs des retombées économiques. 

Longue vie aux musées!