Des Mots et Des Arts vous propose des sorties, cafés et bons plans pour vivre tous les arts à Paris, qu'ils soient dans les musées ou hors les murs !

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Dans un temps où le monde est constamment ouvert à nous, où les médias font office de vitrine, la photographie tend à devenir une captation du réel pure et dure, perdant sa force et sa poésie au fur et à mesure de son enrichissement technique. Pourtant, des artistes résistent à cette vision et travaillent sur une corrélation entre poésie et technique, nature et ville, société moderne et culture hors du temps, individualité et communauté... C’est à la vue des photographes exposés dans deux lieux parisiens, la Fondation Cartier et la Maison de l’Amérique Latine, que nous avons été portés par un goût pour la photographie contemporaine d’Amérique Latine.

Avec son exposition America Latina en 2014, la fondation Cartier avait déjà prouvé son attachement à cette photographie urbaine et humaine, résolument ancrée dans son temps, mettant en lumière les changements qui se produisent dans cette partie du monde. Des images aux airs de vacances, présentant la Havane dans toutes ses couleurs, ou radicalement opposées, des prises de vues politiques, engagées et militantes, la photographie d’Amérique Latine interrogeait aussi bien l’histoire de ces pays tout autant que leurs liens ténus avec l’Amérique du nord. Cette saison c’est l’œuvre de Fernell Franco qui est à l’honneur ! Photographe professionnel, il capture l’énergie de la ville de Cali, en Colombie, dans laquelle il vivra et s’épanouira artistiquement. Mettant en scène ses deux types de photographies : personnelles et journalistiques, la fondation Cartier a pour souhait de valoriser l’intégralité de l’œuvre de cet artiste méconnu, injustement laissé de côté en France.

A quelques stations d’ici, la Maison de l’Amérique Latine se consacre à la photographie chilienne dans son exposition Faces Cachées. Artistes influencés par la ville et les cultures marginales, ils dépeignent leur pays avec un regard poétique et profondément nostalgique. La transition du XXème au XXIème siècle apparait chez ces artistes grâce à des photographies intimistes, laissant émerger un sentiment d’appartenance à la terre, un lien aux communautés minoritaires, nous plaçant face à face avec une autre image du Chili. L’exposition nous invite donc, nous occidentaux éloignés dans le temps et dans l’esprit de ces communautés, à nous interroger et à apprécier la diversité et la force de ces cultures. Un regard de l’intérieur, captant justement et avec élégance l’intégrité des terres et des vies chiliennes, afin de mieux en saisir les Faces cachées ...

Deux expositions comme des invitations au voyage et à la réflexion, à la méditation et à l’appréciation esthétique, qui interpellent l’oeil du visiteur grâce à la beauté des images. Par toutes les visions de ces artistes c’est notre regard qui évolue et s’enrichit, au delà du divertissement, ces œuvres appellent à la contemplation. Forts d’une histoire politique et sociale militante et très engagée, les artistes posent sur leur pays un regard sans concession quoique bienveillant envers les peuples, s’opposant à la censure et à une vision fantasmée. Une délicatesse et une poésie émergent de ces points de vue, semblant parfois hors du temps, parfois au plus près des évolutions urbaines et politiques...



Fondation Cartier pour l'Art Contemporain 
Du 6 février au 5 juin
261 Boulevard Raspail, 
75014 Paris

Maison de l'Amérique Latine 
Du 12 février au 30 avril, 
217 Boulevard Saint-Germain, 
75007 Paris