« Pour la vingt-cinquième édition du Salon du dessin, j'ai pour dessein de m'en payer un ! »

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Le dessin et le dessein : les deux termes ne sont distingués dans la langue française qu'au XVIII° siècle. Le dessein concernera la pensée du tableau à venir ; l'esquisse, les premières ébauches constitueront le dessin. Longtemps alors, nous avons eu tendance à le considérer comme une étude préparatoire à des oeuvres plus importantes : nous l'avons assujetti à la peinture, à l'architecture et à la structure. Pourtant, le dessin peut aussi être un outil de connaissance et de maîtrise du réel. Le dessin d'observation, le dessin sur le vif, le dessin de mémoire n'ont pas toujours de relations directes avec une oeuvre à venir.

Et s'il n'est que très tardivement (fin du XIX° siècle) reconnu comme un art autonome, l'engouement des artistes pour l'abstraction au cours du XX° siècle n'aidera pas à le mettre en valeur. Si vous passez votre été dans le Sud-Est de la France, nous vous conseillons d'aller jeter un oeil au musée Matisse de Nice : vous serez surpris d'y voir les premières oeuvres du peintre qui témoignent d'une très grande maîtrise des techniques de dessin dites classiques.

Dans Le jugement esthétique, Kant écrit "Dans la peinture, la sculpture et même dans tous les arts plastiques - architecture, art des jardins, et tant qu'ils sont des Beaux-Arts - l'essentiel est le dessin". D'autres techniques, d'autres pratiques nous l'auraient fait oublier.

Pourtant, avec sa vingt-cinquième édition, le Salon du dessin parisien, rendez-vous international des grandes galeries de notre époque (39 des plus prestigieuses au monde cette année), redonne à cet art parfois oublié ses lettres de noblesse. Des foules de collectionneurs, mais également d'amateurs, se pressent alors dans des lieux culturels prestigieux en plein centre de la capitale pour observer des ouvrages venus de tout horizon.

Car si le dessin est parfois déconsidéré par rapport à la peinture ou la sculpture, il est resté un art pratiqué mais aussi apprécié au quotidien. La ferveur qui entoure les animés, les mangas ou les bandes-dessinées en est une preuve certaine. Art populaire ? Peut-être. Mais il ne faudrait pour autant pas lui ôter son ingéniosité dont témoigne chaque année le salon.

Pour cette saison 2016, rien ne change. Les dessins classiques seront toujours à admirer au Palais Brongniart et les dessins contemporains au Carreau du Temple, du mercredi 30 mars au lundi 4 avril. Venez apprécier l'historicité, le travail sur le corps, la gestuelle et les ombres des premiers. Puis, dirigez vous vers les seconds et observer cette recherche d'une stylisation de l'image, d'un univers particulier, propre à l'artiste d'aujourd'hui. 

Si vous trouvez les salons d'art trop pompeux, trop luxueux - et puis, à quoi bon, vous n'avez de toute façon pas les moyens de vous payer une toile - faites une entorse à vos principes et venez déambuler dans les couloirs de celui-ci. Moins onéreux, plus figuratif, vous serez sûrement conquis !


Salon du dessin classique
Palais de la Bourse - Palais Brongniart
Place de la Bourse 75002 Paris

Salon du dessin contemporain : Drawing Now
Carreau du Temple,
4 rue Eugène Spuller 75003 Paris