Découvrez avec Des Mots et Des Arts les villas des années 30 à Boulogne, véritables laboratoires de l’architecture de l’entre-deux-guerres !

Teaser p6300324 min min

Ville de la banlieue parisienne réputée pour son industrie du cinéma, de l’aviation et de l’automobile, Boulogne connaît un tournant moderne à partir de la fin des années 20. C’est à cette période qu’est élu André Morizet, candidat sensible à l’architecture d’avant-garde, à la mairie de la ville. Le changement touche ainsi en premier lieu l’administration de la ville de Boulogne : l’hôtel de ville est reconstruit en 1934 par Tony Garnier, dans le style moderne. Au-delà de ce rapport direct avec l’administratif, la ville s’agrandit, avec la construction des rues aujourd’hui visitées lors de la balade, à partir de 1926.

Ces rues attirent très vite artistes et intellectuels férus d’architecture : les commandes aux jeunes architectes affluent, créant le quartier que nous connaissons aujourd’hui. Ainsi, vous pourrez admirer rue du Belvédère la Villa Dora Gordin, dessinée par Auguste Perret en 1929, mêlant une structure moderne en béton et aux grandes baies vitrées et des détails traditionnels comme la corniche au sommet de la villa. La villa Marguerite Huré dans la même rue révèle également le souci des architectes de correspondre à leur client, avec son immense atelier pour travailler le vitrail. Certaines commandes sont encore plus précises, comme pour la villa construite par Faure-Dujarric qui devait accueillir un immense orgue…

Construire dans un nouveau quartier donne également une grande liberté : Raymond Fischer imagine ainsi deux maisons rondes et épurées dans cette même rue du Belvédère, dont les formes situées d’un côté de la rue et de l’autre se répondent.

Boulogne porte aussi la marque du grand architecte de l’époque : Le Corbusier, qui y construit plusieurs ateliers, ainsi que son fameux immeuble Molitor où il vivra ses dernières années. Son appartement, situé sur les deux derniers étages, devenus les étages les plus nobles car les plus lumineux (contrairement à la tradition haussmannienne), est aujourd’hui visitable. La villa Cook révèle également la théorie architecturale du Corbusier : construite sur pilotis avec un toit-terrasse, la villa possède des fenêtres horizontales larges et ne repose sur aucun mur porteur, grande innovation de l’époque.

Pour découvrir ce quartier unique et étonnant, c’est par ici !